Douleur - ch. 1
Nos corps enlacés pleurent tout en se donnant du plaisir. Ils frémissent d'amour et de tristesse. Nos peaux sont douces et sensibles. Nos lèvres tremblent un peu et nos yeux retiennent les larmes. Profitons de cette dernière fois.
Puis c'est la séparation des corps. Jamais orgasme n'aura été aussi triste et aussi emblématique. Jamais un orgasme ne m'aura fait aussi mal au coeur et autant de bien physiquement.
Puis vint l'heure. L'heure où nos âmes sanglantes s'en furent. Elle me mène à travers la ville, et me dépose là, devant chez moi. Là où deux mois avant j'avais posé mes lèvres sur les siennes.
Elle me regarde de ses yeux profonds et du profond de ma gorge sanglot vient, montant comme monte la haine, d'un coup, sans virer, sans comprendre.
Je la serre dans mes bras et elle pleure aussi.
Et nos larmes salées, mélées, laissent un goût indélébile sur nos lèvres déchirées.
Elle me dit soit heureux, je lui dit qu'elle réussira et qu'elle trouvera quelqu'un de bien là bas.
Chacun essaie de convaincre l'autre que c'est mieux ainsi. Chacun se dit que ça sera mieux dans le futur mais elle reste là, cette impression de perdre quelque chose. Une chose latente, en moi, en elle, en nous, et qui repose doucement sommeillant. Une chose qui là vient de prendre un réveil à l'eau salée.
Et là... on comprend cette chose... Et on se met à regretter ce que l'on a fait, pourquoi on a pas arrêté avant...
Cette histoire, je vous le dis, elle l'une des plus belle qui m'a été donné de vivre.
Cette histoire, je vous le dis, aurait du se finir par le classique "et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, the end"
Cette histoire, je vous le dis, se termina ainsi :
"et elle partit, au loin, et lui resta là, avec ses pleurs. Et lorsqu'elle partit, ce n'est pas "the end" qu'ils prononcèrent mais deux mots tremblotants et mal articulés, deux mots qui prenaient tous leurs sens dans cette séparation :
je t'aime..."
Degré d'émotions : 1/1